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Jean-Jacques Fdida
critique reçu au Canada lors de sa présence au Festival internationl du conte à Montréal ne octobre 2017

quand des artistes virtuoses interprètent une belle partition de récits

Pour tenir le rythme que je me suis fixé d’une note de blog tous les deux jours, je suis obligée d’essayer de trouver au moins un ou deux points communs aux nombreux spectacles que je peux voir durant ce laps de temps (cinq au total pour les mardi 24 et mercredi 25 octobre, et une scène ouverte avec sept conteurs et conteuses). Ce qui n’est pas toujours évident, compte tenu de la grande diversité de la programmation du 14e Festival interculturel du conte à Montréal

Ce qui me semble rassembler les cinq spectacles que j’ai pu voir ces deux derniers jours, au-delà de leurs multiples différences, c’est l’incarnation de la parole sur scène par un artiste à part entière. J’ai été vraiment frappée par la façon dont les récits sont portés, voire magnifiés, par un conteur ou une conteuse hors pair, et ce quel que soit le registre choisi : récit de vie, conte traditionnel, chanson, grand texte classique du théâtre, etc.

La tradition orale revue et corrigée par Jean-Jacques Fdida, Nadyne Bédard et Jeanne Ferron

C’est le cas notamment pour le conteur français d’origine tunisienne, Jean-Jacques Fdida, qui a proposé, entre autres, pendant le festival, deux représentations de son spectacle jeune public (à partir de 6 ans), A la croisée des chemins, à la Maison de la culture Marie-Uguay, mardi 24 octobre. Devant une salle pleine d’enfants (venus des écoles du quartier), qui ne sont pas toujours un auditoire facile, car très versatile et facilement distrayable, il a su captiver leurs oreilles durant plus d’une heure et maintenir leur attention en éveil, en alternant histoires (venues des contes traditionnels) et intermèdes musicaux (il s’accompagne au santour, cithare d’origine persane, un instrument à cordes martelées, ancêtre du piano). On perçoit d’emblée l’énorme travail de recherche autour des différentes versions, souvent très anciennes et inédites, d’un conte traditionnel, comme Le Petit Chaperon rouge, avec lequel il débute son spectacle, pour aboutir à sa propre interprétation, très personnelle et originale. Cette parfaite appropriation des motifs de la littérature orale traditionnelle constitue, me semble-t-il, l’une des marques distinctives des véritables artistes de la parole. Les petits, et les plus grands, ont été littéralement embarqués dans les aventures souvent difficiles, et parfois même sanglantes, que les personnages doivent traverser, qu’ils soient fils et filles de roi, ou simples paysannes, avant d’atteindre le bonheur. Excellent musicien et conteur, amoureux des mots et de leurs sonorités, avec lesquels il ne cesse de jongler et de s’amuser, Jean-Jacques Fdida a plus d’un tour dans son sac, y compris de la magie en fin de spectacle.

(Cristina Marino, Blogueuse Le Monde)

Il est actuellement en tournée avec les Jeunesses Musicales de France avec le spectacle Au Creux de l'oreille en duo avec Khadija El Afrit, joueuse de qanun et chanteuse.
(voir dates dans l'agenda)
Il sera présent dans différents festivals : festival de Plan-les-Ouates en Suisse, festival Interreligieux à Mulhouse, festival La Cité des contes à Chiny (Belgique), festival de Capbreton où il reprendra, entre autres, La Légende de Saint-Julien d'après Flaubert avec Jean-Marie Machado (août 2018)